
Le sacrement des malades revisité
« Le spirituel en l’homme n’est pas déconnecté du corps. C’est dans le regard et le sourire de l’autre, dans une main tendue que se pressentent la joie de la personne, sa peine, son désespoir. La joie, la peine, la paix sont de l’ordre du spirituel. Il s’agit de tout ce qui est ouverture du corps, de l’être vers l’au-delà du corps (...) Tout accompagnement conduit à reconnaître la présence de Jésus-Christ dans nos vies. Comment accompagner l’autre dans cette reconnaissance, quels sont les signes de sa présence dans ces moments de vie où tout semble basculer ? », nous a dit Jeanne Macherel en introduisant la formation mise en place par la « Pastorale santé social » en novembre et décembre derniers.
Cette formation a réuni en trois lieux plus de 130 bénévoles qui assurent une présence d’Église auprès des personnes malades, âgées ou handicapées. Elle était axée sur les sacrements proposés ou demandés par les personnes malades et notamment le sacrement des malades. Le Père Jean Perron, prêtre accompagnateur de l’aumônerie des Centres de St-Hilaire du Touvet nous a aidés dans cette (re)découverte ; et des laïcs, visiteurs, nous ont fait part de leurs expériences. Les propos qui suivent extraits de la conférence de Mgr Michel Mouïsse lors d’un pèlerinage à Lourdes en 2002 ont pour objectif de nous donner les points de repère nécessaires pour mieux comprendre l’histoire et le sens de ce sacrement pour le vivre et le célébrer.
Quelques repères dans l’histoire de Jésus, des disciples, de l’Eglise
Au long de sa vie terrestre, Jésus a toujours manifesté une prédilection pour les malades : « Parcourant la Galilée, il enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu et guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. » (Matthieu 4, 23) Face à ces malades que nous montre l’Évangile : sourds, lépreux, paralytiques... Jésus est préoccupé, non d’expliquer la maladie mais de manifester l’œuvre de Dieu ; et ses gestes expriment la liberté et l’amour de Dieu. Les gestes d’amour prennent place dans la mission de Jésus qui font de lui le serviteur souffrant, portant sur lui le poids du mal. En guérissant certains malades, Jésus fait donc apparaître la compassion de Dieu pour les hommes qui souffrent. Lorsqu’il retourne près du Père, il ne les abandonne pas. Il les confie à la communauté des croyants, pour qu’elle en prenne soin et, par elle, il vient à eux dans les sacrements de l’eucharistie et de la Réconciliation. Á ceux qui sont atteints d’une maladie grave, il offre le sacrement du réconfort, celui de l’onction des malades. « En mon nom... ils imposent les mains à des malades et ceux-ci seront guéris. » (Marc l6, 18)
L’Église, aujourd’hui, manifeste effectivement cette attention
Ainsi dans la Constitution apostolique, le



