
Un colloque consacré à l’aspect oral de la liturgie se devait d’évoquer une certaine mise en forme d’ordre musical. En effet, la participation de chacun à la célébration est mue par diverses formes de perception, visuelle ou auditive. Cette dernière apparaît cependant primordiale, puisqu’elle fait entendre le message.
Reconnaissons en outre que, depuis les temps les plus reculés, elle a toujours été soutenue par des formes diverses de création musicale. Celle-ci contribuait à la splendeur de la célébration, et elle portait les textes, beaucoup plus efficacement qu’un discours parlé, à des auditeurs d’autant plus éloignés que l’édifice était grand, et donc solennel.
Selon un musicien du IXe siècle, une des propriétés de la voix chantée consiste à « se porter au plus loin afin d’emplir le lieu qu’elle atteint, comme une trompette ». (1)
Marie-Noël Colette
Article extrait de la revue La Maison-Dieu, n°226, 2001, p 73-93
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1. « Septimus [vocum modus] ubi perspicue voces quae longius pro-trahuntur ita ut omnem impleant contiguum locum sicut tuba ». [Le septième (mode de voix est celui) où les voix sont intentionnellement portées au loin, de telle sorte qu’elles emplissent tout l’espace, comme une trompette], AURELIEN DE REOME, Musica Disciplina, ch. V, dans Aureliani Reomensis, Musica disciplina, éd. L. GUSHEE, American Institute of Musicology, coll. « Corpus Scriptorum de Musica », 21, 1975.


