Lettre d'information

Que ferons-nous des cendres ?

Courant janvier, un projet de loi sur le statut des cendres cinéraires sera débattu à l’Assemblée nationale. Une occasion de rappeler les principes sur lesquels repose les funérailles chrétiennes.

La crémation semble prendre de plus en plus d’importance dans les funérailles en France. Interdite par l’Eglise depuis 1886, cette dernière, en 1963, en a admis la possibilité et « accorde des funérailles chrétiennes à ceux qui ont choisi l’incinération de leur corps, sauf s’il est évident qu’ils ont fait ce choix pour des motifs contraires à la foi chrétienne » Rituel de Funérailles N° 288

Célébration de l’ Eglise.

La logique des funérailles chrétiennes repose sur trois principes.

Le premier concerne le corps. Une saine phénoménologie nous rappelle que nous n’avons pas un corps : nous sommes notre corps. Si ce n’était qu’un « avoir », on pourrait s’en débarrasser comme d’un vêtement. Mais ce n’est pas le cas. Notre corps fait partie de notre être lui-même : don de Dieu, Temple de l’Esprit, marqué des signes du Christ que sont le baptême, et l’eucharistie. Nous ne pouvons pas en faire ce que bon nous semble. C’est pour cela que l’Eglise l’honore, notamment par l’encensement durant la célébration des obsèques.

Le deuxième principe nous invite à regarder le Christ. Son « mystère pascal » est l’exemple du nôtre. Son imitation va donc être une des caractéristiques de notre comportement chrétien.

Il est mort, a été enseveli, est ressuscité : comme lui nous mourons, comme lui nous choisissons d’être ensevelis et nous attendons de ressusciter comme lui. Imitation purement formelle ? Ce n’était pas l’avis des premiers chrétiens qui, dès les origines, dans un monde où la crémation était courante, ont opté pour l’inhumation. De plus, toute la symbolique du baptême et de l’initiation chrétienne chez St Paul s’appuie sur la mise au tombeau du corps de Jésus : « Si par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec le Christ, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts (Romains 6/4) ».

Le troisième principe, plus psychologique, concerne le deuil. « Faire son deuil » prend du temps ! La brutalité de la crémation met en cause le processus d’acceptation progressive, nécessaire au deuil, et rendu plus difficile en l’absence de traces concrètes.

C’est pour cela que l’Eglise, si elle ne refuse pas la crémation, demande qu’elle soit précédée par la célébration des funérailles, avec le cercueil, à l’église.

Au crématorium.

La célébration à l’église terminée, l’Eglise n’est pas pour autant absente du crématorium. Là, un accompagnement est aussi prévu par le Rituel (N° 288 à 294). Mais une fois la crémation accomplie, qu’en est-il des cendres ?

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