
Par le Père Sébastien Antoni, Lyon
Les interrogations que soulève l’initiative privée d’une confession par téléphone pour 0,34 cts d’euro méritent une petite réflexion sur cette étonnante proposition qui n’est pas une forme extraordinaire d’un rite de l’Église catholique.
Pénitence ou Confidence ? : quelques observations sur la polysémie du nom Confession.
Le terme même de confession ne recouvre pas aujourd’hui un seul et unique sens. Que l’on soit catholique ou non, que l’on soit jeune ou plus âgé, que l’on soit pratiquant occasionnel ou très régulier… la compréhension du sens du mot confession est variable. En effet quel rapport y a-t-il entre la rencontre personnelle avec un prêtre dans un confessionnal discret et silencieux (souvenir qu’en ont le plus souvent nos aînés) et la pièce-studio de la ferme des célébrités de TF1, où l’interlocuteur qui reçoit les confidences de la "célébrité" est une caméra reliée à plusieurs millions de personnes invisibles et silencieuses (c’est la compréhension de la confession par la jeune génération souvent étrangère à l’Eglise) ?
En utilisant les termes de " Seigneur" et de "confession", le Fil du Seigneur, confessez-vous par téléphone jette la confusion et entretient un malentendu abusif pour des termes qui, une fois associés, appartiennent au champ lexical de l’Eglise. Mais au bout du fil, il n’y a ni prêtre ni Seigneur pour vous écouter !
Le Fil du Seigneur, confessez-vous par téléphone n’a pas inventé un concept ! Il propose ce qui existe depuis longtemps dans l’Eglise et dans d’autres associations où des professionnels de l’écoute accueillent le drame de la solitude, des angoisses, des peines, et toutes les confidences de ceux qui composent des numéros de téléphone dédiés et reconnus. Mais il en parasite consciemment l’esprit. En brouillant le sens des mots, en jouant sur leur combinaison, en exploitant le temps du carême pour lancer cette initiative (temps privilégié pour se préparer à vivre réconcilié avec les fêtes de Pâques qui approchent), les concepteurs de cette initiative privée ne s’y sont pas trompés ! Le trouble existe, et plus grave encore : il y a dol. La dimension payante du Fil du Seigneur, confessez-vous par téléphone est totalement étrangère au sacrement de pénitence et de réconciliation qu’offre gratuitement l’Eglise catholique.
Un garde-fou : Le Rituel
Les sacrements de l’Eglise sont au service des personnes. Les conditions de forme pour les sacrements, sont codifiées par les rituels, afin d’éviter tout excès ou interprétation délirante.
Le rituel du sacrement qui nous occupe et que l’on appelle un peu rapidement la confession (qui n’en est qu’un aspect), s’intitule en fait Célébrer la pénitence et la réconciliation.
Le sacrement n’est pas centré sur la seule parole du pénitent, a fortiori sur son



