
La musique participe à l’annonce de l’Évangile
A l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle page musique sur www.liturgiecatholique.fr, le Père François-Xavier Ledoux o.p, responsable du département musique du SNPLS (Service national de pastorale liturgique et sacramentelle) évoque les défis à relever pour l’Église de France dans ce domaine.
Qu’a de spécifique la musique au service de la liturgie ?
La musique en général ouvre souvent au mystère, à la transcendance. Mais la musique et le chant liturgiques ont pour vocation plus spécifique de contribuer à faire monter l’action de grâce des fidèles envers Dieu. L’assemblée chrétienne n’est pas une classe de chant à faire chanter, mais la voix même du corps du Christ qui fait monter sa louange ou sa supplication vers son Père. Or, trop souvent encore, un soliste impose sa voix dans le micro et « dirige » l’assemblée, parfois même à contre temps, alors qu’il s’agit d’être à l’écoute de l’assemblée et de la conduire, par le chant, vers l’intériorité et la communion. Quel que soit le style de musique, nous avons donc encore à former des acteurs musicaux qui soient de vrais « liturges », au service du mystère de la rencontre avec Dieu et avec les frères réunis en son Nom.
Une réunion nationale des diocésains de musique s’est tenue dernièrement à la maison de la Conférence des évêques de France. Quel est l’état des lieux ?
La palette des situations est large. Au niveau diocésain, il y a encore souvent un responsable de la musique liturgique : à certains endroits, des prêtres, mais aussi de plus en plus de laïcs, ont la double casquette de responsables de la pastorale liturgique et sacramentelle et de la musique, avec souvent une équipe, où l’un a plus le souci de l’orgue, l’autre plus celui des chorales, etc. ; mais parfois aussi, une seule personne porte tout… Au niveau paroissial, la bonne volonté existe, mais elle n’est pas suffisante ; le souci et la possibilité de se former sont indispensables pour pouvoir remplir avec plus de justesse le vrai service musical dans nos liturgies ont besoin. Par ailleurs, face aux pouvoirs publics qui ont restauré des églises et des orgues, nous avons essayé de réfléchir à la manière dont les acteurs musicaux de nos paroisses peuvent faire vivre ce patrimoine et participer à la transmission de la culture chrétienne, tout particulièrement dans les églises souvent fermées. Il y a sans doute, là où c’est possible, encore beaucoup de collaborations à inventer avec, par exemple, des conservatoires ou des écoles de musique… Côté liturgie, dans des secteurs où les célébrations eucharistiques sont rares, des veillées de prière, un office de la liturgie des heures, ou une célébration de la Parole, pourraient, par exemple, être autant d’occasions pour les musiciens


